FullMetal Alchemist RPG v.6.0 - Novus Mundus


 
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 [Terminée] Séraphine ou la faim permanente [Validée]

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Séraphine Mistaken
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MessageSujet: [Terminée] Séraphine ou la faim permanente [Validée]   Ven 27 Mar - 14:24




Ma fiche



Nom : Mistaken. De l'anglais « mistake », l'erreur, mistaken signifie littéralement « erroné ». Un nom que sa famille a porté pendant longtemps et qui semblait prédire l'avenir de la dernière héritière. Prédire qu'elle deviendrait elle-même une erreur.

Prénom :
Son prénom a des consonnances religieuses et dérive directement des noms de choeurs angéliques. Les Séraphins, desquels elle retient le prénom de Séraphine, sont les anges et archanges les plus élevés hiérarchiquement dans la société des anges. Un prénom qui semble lui aller bien mal lorsqu'on connait son caractère qui n'a rien de doux et délicat, mais qui, d'un autre côté, par l'idée de la haute place et de l'autorité, lui convient entièrement.

Âge :
D'apparence, on pourrait penser que Séraphine a la vingtaine. Mais difficile d'être vraiment précis, car, suivant ses expressions de visage, elle peut paraître de vingt à vint-sept ans, à peu près. Disons qu'elle paraît encore jeune, fraîche, et pleine de vie, mais elle aussi cette lueur dans son regard qui lui donne un air d'expérience et qui vieillit son physique à elle toute seule.

Particularité : Déjà de son vivant, elle avait une particularité physique peut commune qu'elle a gardé en retrouvant la vie, si on peut dire. C'est une pathologie, rare mais inoffensive, du nom d'hétérotaxie, Situs Inversus Totalis. Cette 'maladie' a pour conséquence d'inverser tous les organes par rapport à la normale (foie à gauche, coeur à droite...). C'est un avantage, parfois, en combat, étant donné qu'on se trompe souvent pour la frapper aux points vitaux habituels. Mais ce n'est pas quelque chose qui est non plus très utile, dans le sens où si on la frappe là où il y aurait du avoir un point vital, admettons le coeur, il y aura quand même des dégâts, dans notre exemple les poumons prendront à la place.

Avez vous de la famille? De la famille? Eteinte depuis bien longtemps. A vrai dire, Séraphine était la dernière héritière de la famille. Son assassinat a signé la fin de la lignée Mistaken. La seule famille qui lui reste est aujourd'hui morte et enterrée, bien qu'il soit possible qu'elle ait encore de lointains cousin(e)s.

Votre métier ou qualification :
de son vivant, elle était apothicaire, ce qui explique son excellente connaissance des plantes, encore aujourd'hui. Elle est capable de préparer toutes sortes de potions et de poisons, et songe à prendre possession d'une boutique. Mais, faute d'argent, ce projet devrait fatalement tomber à l'eau. Cette connaissance particulièrement étendue lui a permis de vivre de petits boulots comme bibliothécaire, au jour le jour. Aujourd'hui sans emploi, elle va à droite à gauche dans l'espoir de s'occuper.
Dans cette optique, elle se fait passer pour un professeur ambulant, donnant des cours à de jeunes enfants des rues ou des contrées Ishbal. Elle fait aussi office de guérisseuse à l'aide de concoctions en tout genre.

Pays d'origine : Séraphine est née à Amestris, et s'est vue devenir homonculus sur ces terres. Elle évite la région d'où elle vient, au nord est, par peur de retrouver des souvenirs. Elle devrait toutefois y retourner d'ici peu, par pure lubie de savoir si le château qui était là bien des siècles avant est toujours debout.
Pays où vous habitez : elle vit à Amestris, mais considérant n'y avoir plus ni travail ni attache, elle circule à son gré, allant à droite à gauche, sans se soucier de ce qui l'entoure. Elle a, toutefois et en raison de son âge, la particularité de savoir s'adapter très rapidement à la culture d'un pays ou d'une ethnie.

Quel est votre péché? Parmi les sept péchés capitaux, elle aura hérité de la grande Gourmandise. Une faim permanente, qui la prend aux tripes et qui lui permet d'avancer. Cette faim est comme son énergie vitale. A noter qu'elle a faim et soif de tout. Soif d'affection, faim de contacts charnels, son péché peut se frotter aisément à l'avarice, tant elle ressent le désir de tout posséder ; mais elle ne veut pas tout posséder pour avoir simplement ce sentiment de satisfaction, elle veut juste satisfaire sa faim constante, souffrant de ce qu'on pourrait appeler « le supplice de Tantale ».

Quel est votre pouvoir? Connaissez vous la légende du mauvais génie? Ce fameux être que vous pourriez libérer de sa prison et qui, en exauçant vos souhaits, retrouverait sa liberté. Oui, le génie de la lampe, légende orientale ; le mauvais génie vient de cette légende, en partie, mais occidentalisé, devient foncièrement mauvais. Le souhait demandé sera exaucé ; mais pas forcément de la façon dont vous l'attendez. Vous faites le souhait de recevoir une forte somme d'argent, vos parents mourront et vous toucherez l'héritage. Vous faites le voeu de pouvoir partir du bar sans payer votre consommation? Votre tabouret cassera, entraînant une multitude d'autres petites casses, la situation dégénérera en bagarre générale, le patron vous demandera de tout rembourser et, par égard pour la somme que cela engendre, vous exemptera de la consommation.
Voici quelles sont les façons de procéder d'un mauvais génie. L'homonculus est un mauvais génie. Un être maudit, éternellement prisonnier de la vie ; exaucer les souhaits des humains ne le libèrera pas, sans doute est-ce pour cela que l'homonculus dont nous parlons a la possibilité de choisir quel voeu elle exaucera ou non dans ceux que son oreille réussit à capter. Mais un voeu secret, gardé dans son esprit, qui n'a pas été prononcé, il est hors de question qu'elle le devine.
Séraphine possède donc le pouvoir du mauvais génie et, si elle n'a pas la perspective d'une libération, comme eux, est soumise à la même règle de trois : elle ne peut pas exaucer un voeu de meurtre, ne peut ramener les morts à la vie – même sous forme d'homonculus, ne peut pas obliger quelqu'un à éprouver un sentiment particulier – l'exemple le plus souvent pris est celui des sentiments amoureux.
Ceci dit, contrairement à eux, elle est soumise à bien plus de restrictions. Si le voeu, dans son accomplissement, doit avoir des conséquences touchant plus d'une dizaine de personnes, elle est incapable d'en venir à bout ; cependant, nous parlons des conséquences directes : pour reprendre l'exemple du bar, seules dix personnes pourront prendre part au scénario, bagarre, barman et protagoniste compris. Donc prenons onze personnes – le barman, le protagoniste, huit clients, elle-même – donc dix concernées par le voeu, tout va bien. Si, lors de la bagarre, l'un des hommes perd un oeil, se met à boire pour oublier, et devient un ivrogne qui frappe sa femme, la femme devient une onzième personne ; cependant, la conséquence n'étant pas directe, il n'y a pas restriction (je sais pas si je suis très claire dans cette explication...). A noter que, dans le côté conséquence directe, pas plus de deux personnes pourront mourir pour servir le voeu – exemple du décès des parents ; d'un point de vue rp, sauf accord avec un joueur, ce qui me paraît improbable, cela ne s'agira que de pnjs de petite frappe, voire inexistante, bien sûr.
Dans la même veine, elle ne pourra pas accomplir de voeu farfelu et complètement paranormal. Elle ne peut pas donner l'alchimie à un homonculus, donner des ailes à un humain, ou quelque chose de ce genre. La façon dont fonctionne ces voeux sont toujours une sorte de petites situations quotidiennes, et le voeu demandé s'accomplit de leurs conséquences. Après, le voeu en lui-même peut avoir des conséquences plus grandes, et parfois recherchées par l'homonculus.
A noter également qu'elle ne peut pas exaucer ses propres voeux. Et qu'elle ne peut exaucer que les voeux de personnes animées par une âme... Ou lui offrant un prix équivalent. En effet, si un homonculus veut lui demander une faveur de ce type, elle ne pourra exaucer le voeu que selon le principe de l'échange équivalent, qui ne s'attache pas toujours au matériel (xxxholic pour ceux qui connaissent). Souvent, la « chose », dirons-nous, en question ne lui est d'aucune utilité et elle ne la garde pas... Mais celui qui la cède ne peut plus la récupérer. Quand je dis chose, cela peut être un objet précieux ou à grande valeur sentimentale, un morceau de son ancien corps, une partie de sa mémoire, n'importe quoi.
Pour finir, j'ajouterai que le pouvoir en lui-même a une conséquence sur l'homonculus, qui ne peut de fait pas en abuser : chaque voeu exaucé vieillit son corps. Ce qui explique pourquoi son corps, sensé être celui d'une femme de 23 ans, a l'apparence d'une fille qui approche la trentaine (changement à apporter à la fiche même – fréquence de vieillissement à voir, je pensais à un an pour trois à cinq voeux exaucés, étant donné qu'elle est radine en voeu, ça se tiendrait). Un homonculus étant immortel, cela ne semble sans doute pas important... Mais mis bouts à bouts, Séraphine peut ainsi mettre fin à ses jours, car, à force de vieillir, son corps finira par se dessécher et tombera en poussière...

Quel est votre point faible? Outre ses ossements, qui à l'heure d'aujourd'hui doivent être particulièrement bien poudreux, donc difficile à utiliser pour l'affaiblir, tous les objets lui ayant appartenu de son vivant sont une menace pour elle. Ils sont nombreux, des vêtements qu'elle a porté aux bijoux de sa famille... Seulement, ils sont tellement anciens qu'il est difficile de les trouver et de pouvoir les utiliser. Le moyen le plus simple est encore d'aller chercher sa tombe en priant pour que les bijoux qui ornaient son corps et le linceul qui l'enveloppaient ne soient pas rongés aux mites.

Quel est votre âge réel? Séraphine est sans doute l'un des homonculus les plus vieux, sinon la plus âgée. Même si elle a perdu la notion du temps qui passe, et qu'elle ignore son âge exact, je vais vous le donner. Elle est morte à vingt-trois ans, et aujourd'hui, cela fait très exactement cinq cent quatre vingt deux ans qu'elle est un homonculus. Je vous laisse faire le calcul. Née à l'aube de l'alchimie, à une époque où cette science était aussi bancale que la médecine et en laquelle peu de personnes croyaient réellement, associant ces phénomènes au Malin et ses démons. D'autant plus cocasse que Séraphine possède le nom du camp adverse alors qu'elle est passée du côté du Mal.

Connaissez vous votre créateur? Non.
Si oui, qui est-ce? Il s'agissait d'un des rares alchimistes de l'époque, qui a voulu multiplier des expériences. Ignorant qu'on ne pouvait transmuter un corps humain, il avait pris plusieurs cadavres dans un cimetière et avait tenté de les faire renaître. Séraphine était parmi eux. Son corps n'a pas servi à la transmutation même, mais juste de modèle pour son apprenti sorcier. Ce qui explique que son cadavre ait les cheveux noirs là où elle les a roux. L'alchimiste a laissé sa vie dans la transmutation et les autorités de l'époque, lorsqu'ils eurent découvert les cadavres, les firent enterrer à nouveau.

Faites vous du combat à mains nues? Oui. Et l'utilisation de son pouvoir l'a forcée à développer, en cas d'utilisation de ce dernier, des capacités de combat au corps à corps. Très souple, rapide, elle est taillée pour faire des arts martiaux et elle vous aura touché avant que vous ne puissiez vous en rendre compte. Car, lors de combats, son but n'est pas de frapper pour faire mal, mais d'atteindre un bout de peau qui serait imprudemment non couvert. Si elle vous touche, elle sait qu'elle aura l'avantage.

Utilisez vous des armes tranchantes? Oui, mais sans plus. Elle n'a pas appris à les manier, bien qu'elle soit capable de s'en servir.
Si oui lesquelles? Elle arrive à se servir de lames courtes. Elle ne manipulera pas un katana, trop grand et encombrant, par contre, un poignard, ça, elle peut. Mais ce ne sera qu'en complément et en cas de besoin.

Et des armes à feu? Bof, disons plutôt que si elle arrive à s'en emparer d'une, elle essaiera. Mais elle ne les aime pas et ne sait pas s'en servir, et risque donc plus de se blesser que de blesser son adversaire.
Si oui lesquelles? Qu'importe. Mais suivant l'arme trouvée, elle se fera plus ou moins mal.


Dernière édition par Séraphine Mistaken le Mar 16 Juin - 22:10, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: [Terminée] Séraphine ou la faim permanente [Validée]   Jeu 2 Avr - 10:05

Mon équipement



Rien de très étonnant. Séraphine porte en quasi-permanence un sac en bandoulière, couleur sable, suffisamment grand pour transporter plusieurs objets, mais pas assez pour être encombrant. A l'intérieur, vous trouverez surtout des vêtements, et quelques petites réserves de nourriture. Car, même si elle n'a pas besoin de se nourrir, le sentiment permanent de faim la pousse à céder à sa gourmandise. A noter que sa garde robe est peu fournie et toujours dans des couleurs sobre : rouge foncé, noir, blanc.
Outre cela, elle a dans ce sac un livre de botanique – toujours utile – quelques fioles, parfois vides, parfois pleines, et un unique poignard. Vous trouverez éventuellement un ou deux rubans, pour maintenant ses cheveux, mais rien de plus.

Mon caractère



Blasée. Voilà le mot qui donnerait le plus une idée du caractère de Séraphine. Ce qui se comprend, après autant d'années d'existence, on a le sentiment d'avoir tout vu, d'avoir tout fait, de connaître plus de choses qu'il n'en faudrait. De fait, elle est en permanence à la recherche de quelque chose qui la sortirait de cet état semi-léthargique dans lequel elle a fini par sombrer. Un ennui permanent qui côtoie sa faim, une lassitude interminable qui vous coupe toute motivation. Ce qui explique aussi son regard éternellement vide ou presque, qui ne manifeste plus rien d'autre qu'un ennui communicatif.
Sans doute est-ce la raison pour laquelle elle cherche la solitude. Elle sait qu'elle a des « semblables » qui vivent, quelque part, et qui restent certainement entre eux à ruminer leurs pensées. Mais ça ne l'intéresse pas. Un goût de déjà vu, une lutte dont elle ne voit pas l'intérêt, avec en plus le sentiment de réussir à prédire les moindres comportements. Vous êtes imprévisible? Essayez donc de la surprendre. Vous n'auriez pas fini. De son expérience, couplée avec sa lucidité naturelle, elle arrive à cerner les gens très rapidement, et, par ce qu'on pourrait appeler un « arbre des possibles », établit des possibilités de réactions face à tel ou tel événement. Sa vivacité d'esprit et sa mémoire ont également contribué à cela, accentuant encore la lassitude. Heureux sont les simples d'esprit. Que ne donnerait-elle pas pour être un peu moins vive.
Car on ne peut pas dire qu'elle soit intelligente. Non, elle n'a pas de capacité intellectuelle particulière, outre sa vivacité d'esprit qui lui permet de comprendre rapidement les choses. Mais en pas loin de six cent ans, elle a eu le temps d'apprendre tout ce qu'elle pouvait. Ainsi, elle s'est intéressée à tout, dans l'espoir de ne plus s'ennuyer, et aussi pour assouvir une soif de connaissance grandissante. Elle en serait presque devenue une encyclopédie vivante. Mais là, nous parlons de culture et non d'intelligence. Ayant étudié l'histoire, elle arrive à établir des stratégies en se basant sur les évènements passés, ayant étudié les mathématiques, elle sait établir des probabilités, ayant étudié les langues, elle en parle une demi-douzaine couramment.
De fait, elle peut se montrer être un allié de taille. Le problème, c'est qu'elle n'aime pas la compagnie des autres. Elle n'aime pas les gens, et préfère sa solitude. De temps en temps, elle va faire une exception, pour un soir, afin d'assouvir sa soif de plaisir, ou pour voir si les humains sont moins stupides. Pour le moment, elle n'a réussi qu'à aller de déception en déception, et a perdu tout espoir en la race humaine.
En outre, elle est également d'un fort tempérament. De base, c'est une personne assez impulsive et colérique, même si aujourd'hui il est difficile de la faire sortir de ses gonds. Toujours pour les mêmes raisons que je ne vais pas vous rabâcher plus longtemps.

Mon physique



Vous voyez son bel avatar? Hm, en voyant ça on s'attend à une description de la femme parfaite, bien roulée, toussa toussa. J'avoue que Séraphine n'est pas laide. Mais ce n'est pas non plus un top canon de la beauté. Commençons, si vous le voulez bien, par évaluer sa corpulence. Une taille d'environ un mètre soixante, une corpulence relativement frêle. Fine d'épaules, son physique taillé dans la finesse et la légerté lui confère certes une agilité et une rapidité d'action bien pratique, mais question force, puissance de frappe, voire même parfois endurance, on repassera. Reparlons de l'endurance, justement. Elle a pas mal de souffle, et, niveau course, peut aisément vous courir un marathon. Ceci dit, la fatigue s'empare très vite de son corps qui, malgré son immortalité, a gardé des réflexes humains, comme le sommeil – ou la faim. Ainsi donc, après un marathon, la première chose qu'elle fera sera de manger, après un rude combat, si elle tient jusqu'au bout, ce sera de dormir.
Outre sa corpulence sur laquelle nous pourrions passer des heures, nous pouvons aussi examiner son physique de manière purement appréciative. De longs cheveux, d'un brun cuivré, pratiquement roux, tombent sur ses épaules, jusque dans son dos, laissant de fines mèches encadrer son visage en en soulignant les traits fin et les yeux d'une couleur proche de l'améthyste. Ses lèvres, fines et pleines, sont naturellement d'un rouge contrastant avec la pâleur de son teint. La forme de son visage est plutôt ovale, descendant sur un cou fin et gracile.
Nous ne reparlerons pas de ses épaules, bien que d'elles partent deux bras, fin également mais avec la forme des muscles qu'elle a développés, sans pour autant déformer son corps. Ses mains, agiles outils, sont faites de longs doigts fins, des doigts de pianiste. Repartons sur le buste en lui même, qui commence par une gorge presque toujours dévoilée, puis sur une poitrine respectable sans être vraiment appétissante, mais qu'elle sait mettre en valeur – encore faut-il qu'elle le veuille. Cela débouche sur un ventre un peu rond, signe de sa gourmandise, puis sur des hanches généreuses. Ne nous attardons pas sur ses jambes, habituées à la course, ou ses chevilles solides. Rien d'important je vous l'accorde. Je me permettrais néanmoins un détail, à savoir qu'elle a un grain de beauté sur le sein gauche. Et son cercle d'ouroboros est tatoué dans le creux de ses reins.
Pour finir, parlons de son style vestimentaire. Souvent léger, pas trop tape-à-l'oeil, il se place dans de tons blancs ou noirs, avec du rouge lorsqu'elle veut faire preuve d'un tant soit peu d'excentricité.


Dernière édition par Séraphine Mistaken le Sam 4 Avr - 18:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminée] Séraphine ou la faim permanente [Validée]   Jeu 2 Avr - 23:30

Chapitre premier : Une vie ne vaut rien mais rien ne vaut une vie


Le commencement. Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme. Une façon comme une autre d'interpréter le principe de l'échange équivalent. Cette formule a des faiblesses, sur un plan spirituel essentiellement. Mais le point de vue purement scientifique se tient. Il se tient même complètement. Cette théorie commence à peine à voir le jour, en cette période médiévale, faite de combats et de maladies, de pandémies emportant la population à vitesse grand V. Les gens vivent dans la peur mais aussi dans la fatalité. Après tout, tout cela est le lot quotidien et il faut apprendre à vivre malgré tout. La moyenne d'âge à cette époque est de trente à trente cinq ans. On était un vieillard à quarante ans et le taux de mortalité infantile frisait l'improbable. Bienvenus en plein Moyen-Âge.
Les pays ne sont pas encore formés, à l'époque. On voit par endroits des cultures qui se ressemblent, des guerres pour avoir plus de terres, plus entre Seigneurs qu'entre rois. La plupart du temps, les duchés et comtés sont plus puissants que les royaumes, et donc se comportent comme indépendants. Mais ce genre de choses ne concernent que les puissants. Là où notre histoire débute, on ne connait que très très vaguement tout cela. On ne sait ni lire, ni écrire. Alors la politique, vous pensez bien que ce n'est pas trop notre affaire...

L'enfant, quatrième d'une fratrie de douze, parmi lesquels huit sont morts prématurément, naît au milieu d'une famille modeste de paysans. Vagissant, après les cris de la mère en la mettant au monde, la petite fille gigote alors que le père esquisse une moue de dégoût. C'est le quatrième enfant qu'ils ont, et un seul a survécu jusqu'ici. L'autre est une fille, les deux garçons sont morts après une semaine de vie, et là... Encore une fille. Il se retient de l'enfermer dans un sac de toile pour la noyer comme un vulgaire animal dans la rivière et la confie à la mère, âgée de dix sept ans, qui retient l'enfant dans ses bras. Celle-ci survivra-t-elle? Sa corpulence est frêle, sa santé sera sûrement fragile... La langeant dans un linge, elle la pose sur le lit, à côté d'elle. L'enfant devra maintenant survivre, sans aide spéciale, comme c'est le lot de tous ceux qui naissent à cette époque.

Et, malgré son sexe et un environnement qui semblaient la condamner, avec cette santé plus que fragile, l'enfant survécu. Elle tombait souvent malade, mais jamais la même maladie ne revient deux fois. Elle résistait, fabriquait les anticorps, devenait plus forte au fur et à mesure que le temps passait. Alors seulement, lorsqu'ils vurent que celle-ci suivrait le chemin de l'aînée, ils décidèrent de lui donner un nom. Un nom qui montrerait à quel point la petite était étonnante à leurs yeux : Séraphine. Car ces anges devaient veiller sur elle pour lui faire traverser toutes ces maladies. Si l'aînée avait survécu, c'était en ne tombant nullement malade. Elle, elle se rendait plus forte à chaque épreuve.
Moins d'un an après son sevrage, sa mère mis au monde un nouveau petit frère. Tant qu'elle pourrait enfanter, le père l'engrosserait, car là était le rôle de madame. Ce frère, comme les autres, ne réussit guère à survivre et mourrut prématurément.
Pendant ce temps, Séraphine et sa soeur Marie grandissaient. Chacune à leur rythme, chacune de leur manière. Dès qu'elles surent marcher, on les considéra comme utiles et on les mit au travail, d'abord pour aider dans la tenue de la maison, aidant leur mère, puis, lorsqu'elles furent plus âgées, environ quatre ans, elles commencèrent à manier certains petits outils pour aller aider le chef de famille aux champs. Encore jeunes, elles ne commençaient qu'avec de petites tâches, de plantations, ce genre de choses. Mais, lorsque la plus jeune put planter des choux – à la mode de chez nous – la plus âgée commençait déjà à aller travailler au château, en haut de la colline, en temps qu'aide aux cuisines. C'est le lot de tous les enfants à cette époque ; les jeunes filles font blanchisseuses, coutièrières, vont servir au château, les garçons vont travailler dans les champs.

Aujourd'hui elle avait sept ans. Depuis peu, un autre garçon était né et avait lui aussi survécu. La famille était enfin certaine d'avoir un héritier mâle. Pour son anniversaire, pas de gâteau ni de bougie, juste un rappel de ses parents comme quoi elle avait l'âge d'aller travailler ailleurs qu'avec son père. Et c'est ainsi qu'elle se rendit au château avec sa soeur, de bon matin, avant l'aube.
Le duché dans lequel elles vivaient était en paix, du moins, ici. On disait que le territoire de Duc était plus grand qu'on ne pouvait l'imaginer, et, bien qu'elle ne sache ni lire, ni écrire, la jeune enfant rêvait de voyager jusqu'à la frontière. Mais, seuls troubadours de ménestrels pouvaient le faire, et c'était un métier interdit aux femmes. Alors elle grandirait ici, et mourrait ici, après avoir donné naissance à une dizaine d'enfants parmi lesquels seuls une poignée survivront. Elle ne sait pas que le bonheur peut prendre d'autres formes, aussi ne s'en plaint-elle pas. Elle doit s'y conformer.
Sa soeur, qui a onze ans, sera mariée d'ici un an ou deux. Elle a hâte d'avoir époux elle aussi. Pour faire la fierté de son père. Mais en attendant, elles doivent aller travailler au château.
Arrivées là bas, l'aînée part travailler et, ayant parlé de sa soeur au chef de cuisine, l'emmène avec elle. Le chef estime que la petite taille et la finesse des mains de l'enfant sont un atout considérable, et l'amène chez les femmes de ménage, de manière à ce qu'elle aide à l'entretien – qui, rappelons le, n'a rien à voir avec celui d'aujourd'hui.

Elle vivra ainsi pendant trois ans. Payée une misère, comme sa soeur, à courir dans tous les châteaux pour évacuer rats et autres bêtes rampantes. Mais jamais elle ne s'en plaindra. Marie, au bout de ces trois ans, sera mariée. Séraphine est contente pour elle et, du haut de ses onze ans, est ravie : bientôt, ce sera son tour.
Mais en attendant, elle est en train de chasser des rats dans la cave du château lorsqu'elle tombe sur un homme étrange qui lui demande de lui ramener les cadavres de ces bêtes maléfiques. La petite baisse le visage et acquiesce, s'exécutant le soir même lorsqu'elle aura terminé. L'homme lui a demandé de le rejoindre dans une pièce très précise du château, à laquelle elle frappe avant d'entrer, non sans la permission de cet étrange individu.
Ce qu'elle voit la révulse aussitôt. Des bocaux remplis de plantes et d'animaux morts... Elle s'approche, son sac de cadavres au bout du bras, visage baissé.

« Vous êtes un sorcier, Seigneur? Je... Je ne le dirai à personne, je vous le promets. »

Elle est morte de peur. Il pourrait lui faire tellement de mal, s'il s'agit bel et bien d'un sorcier... Mais l'homme sourit doucement et s'approche. Va-t-il damner son âme? Non ! Elle ne veut pas aller en enfer !

« Non, mon enfant. Je suis l'apothicaire de Mon Seigneur. Tu as les rats? »

Séraphine lui tend le sac d'un air contri, effrayée. Il sourit et explique qu'avec leurs corps, il fera un poison pour les tuer tous, tous ceux qui restent dans le château. La petite lui fait remarquer que, s'il fait ça, elle n'aura plus de travail. Il sourit. C'est vrai, concède-t-il. Mais elle pourrait devenir son apprentie. L'enfant, timidement, demande de quoi il s'agit, et la promesse de pouvoir ouvrir une boutique quand elle sera grande, et de gagner à peine plus d'argent en étant son apprenti qu'en chassant des rats la font plier. Et voilà comme Séraphine commencera à étudier le métier d'apothicaire et, pire, ou mieux plutôt, apprendre à lire, à écrire, et à compter... Une qualité indéniable et rare à l'époque.

Elle a treize ans maintenant. Voici deux ans qu'elle est apprenti apothicaire et elle aime ce métier. Elle apporte sa contribution à la vie de la famille, à la maison. Elle rentre chez elle, tous les soirs. Ce soir-là, elle entre dans la petite chaumière et voit son père, de retour des champs, qui discute avec un autre homme, derrière lequel se tient un garçon de son âge. Le père accueille la jeune fille, elle s'avance en baissant la tête, alors que son jeune frère, suivi de leur soeur, la petite dernière, court dans l'unique pièce.
Il lui annonce que ce jeune garçon, Pierre, quatorze ans, est celui qu'il a choisi pour être son époux et qu'ils iront à l'église pour les marier d'ici une heure. La mère vient prendre sa fille par le bras pour lui faire mettre ses habits du dimanche et l'arranger un peu. La jeune fille est un peu déboussolée. Elle en aurait presque oublié qu'elle était en âge de se marier. Le métier d'apothicaire la passionnait tant ! Elle n'espérait qu'une chose : qu'elle pourrait continuer même en ayant une vie d'honnête femme mariée.
Ainsi donc, une heure plus tard, la cérémonie est faite en cinq minutes, et on laisse le jeune couple s'installer dans une petite chaumière désormais à eux. Séraphine est anxieuse. Elle sait qu'ils doivent consommer le mariage, mais elle ignore comment cela pourrait se passer, elle ignore... Complètement. Mais le jeune Pierre, lui, semble savoir et, bien qu'aussi tendu qu'elle, se met à l'ouvrage, en ahanant. Elle a mal, elle ne sait pas pourquoi. Elle le laisse faire et se recroqueville dans la couche. Si tout va bien, elle porte d'ores et déjà son premier enfant.

Et c'est le cas. Si elle travaille toujours au château, et apprend les ficelles de son futur métier avec une chance qu'elle ne saisit pas vraiment, son ventre s'arrondit au fur et à mesure que le temps passe. Elle redoute l'accouchement, a du mal à se déplacer. Mais lorsque son maître lui annonce qu'elle est prête et n'a plus rien à apprendre de lui, elle ne cache pas sa joie. Elle reste son assistante, en attendant d'avoir l'argent pour avoir une petite boutique. Si jamais elle réussissait à en économiser assez, les impôts étaient si difficiles à payer...
Elle mettra l'enfant au monde dans de longs cris de douleur. Etant allée au travail jusqu'au dernier jour, ce fut l'apothicaire qui lui servait de maître qui l'aida à enfanter. Elle revint donc le soir avec son bébé dans ses bras, un garçon. Joie du père.

L'enfant vivra. Comme son cadet, un garçon aussi, pour la plus grande joie de la famille. Les années passent, Séraphine grandit et réussit à maintenir en vie quatre de ses enfants lorsqu'elle arrive à ses vingt ans. Et aujourd'hui est un grand jour. Elle ouvre sa boutique. Ses deux fils, les aînés, sont aux champs, avec leur père, les deux filles, dont la plus jeune n'est pas encore sevrée, restent avec leur mère, à la maison ou, maintenant qu'ils ont l'argent, dans la boutique.
Cette fois, elle a bien conscience qu'elle fait partie des rares personnes qui pourront réaliser leur rêve et espérer sortir un tout petit peu de leur misère. Oui, elle a beaucoup d'espoir. Mais bon... Elle a même eu un bijou, en cuivre, de la part de son époux pour fêter l'ouverture du magasin.
Plus vite que prévu, les clients affluent. Les apothicaires savent lire, écrire, compter, mais servent aussi de médecins, à cette époque. On vient la voir pour tout et n'importe quoi et, lorsque l'homme qui l'a formée meurt emporté par une maladie quelconque, toute sa clientèle viendra chez elle. Pas de quoi faire fortune, loin de là. Faut pas rêver non plus. Mais ils se permettent de manger un peu plus de viande, et Séraphine tombe à nouveau enceinte. Ils ne voient pas que la morte de cet homme, au palais, cet apothicaire de renom, annonce une période très sombre.

Très rapidement, on afflue. On se plaint de fièvres, de douleurs musculaires ou articulaires, de maux de crâne. Parfois, on affirme se sentir très fatigué. La jeune femme remplit son boulot, et donne des remèdes pour les symptômes qu'on lui décrit, sans penser à les mettre tous en relation. De toute façon, elle n'a, ni elle ni personne d'autre, la connaissance nécessaire pour reconnaître le mal qui approche à grands pas.
Puis, on vient pour des oedèmes. Localisés au niveau des ganglions. Séraphine paniquera lorsque son enfant le plus jeune commencera à avoir ces oedèmes et à se couvrir, peu à peu, de taches noires : des nécroses. Mais il est trop tard. La peste est déjà partout, la pandémie a déjà éclaté, et il n'y a rien à faire pour l'arrêter. Les mesures pourtant sont prises, bien qu'aujourd'hui on rirait de penser que ça puisse avoir une quelconque efficacité : brûler des troncs de choux et des pelures de coings, pratiquer l'abstinence sexuelle, faire des saignées, faire bouillir de l'eau – ah, ça c'est pas con, mais inutile face à la peste. La peste noire est partout et décime la famille. Les quatre enfants meurent, les uns après les autres. Pierre meurt à son tour, une quinzaine plus tard.

La pandémie continuera pendant des années, même après la mort de la jeune femme. Elle n'est miraculeusement pas contaminée et ne comprend pas que cela vient des produits qu'elle manipule, parmi lesquels du vinaigre – eh oui, le vinaigre ça repousse la vilaine puce qui vous donne cette saleté. Mais les rumeurs circulent. On la traite de sorcière. Elle qui est veuve, en deuil, et qui a tout perdu.
Elle sombre rapidement dans une dépression, et continue son petit commerce, sans grand succès. Plus personne ne veut approcher la sorcière. On parle même de la brûler sur un bûcher, pour lui faire payer la mort de toutes ces familles. Mais on s'y oppose, en pensant que cela purifierait son âme.
Ce fut sans surprise que, trois ans plus tard, alors que la pandémie atteint son paroxysme, on retrouve le cadavre de la jeune fille, son collier de cuivre autour du cou, assassinée à coups de couteau dans tout le corps. Elle n'a droit à un enterrement que grâce au curé, qui assure qu'il faut donner le pardon à cette âme pour qu'elle puisse accéder au Ciel.
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Séraphine Mistaken
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MessageSujet: Re: [Terminée] Séraphine ou la faim permanente [Validée]   Dim 5 Avr - 12:50

Chapitre second : Nul ne voudrait mourir, nul ne voudrait renaître.


Il fait froid. J'ai froid. Je ne comprends pas trop ce qu'il se passe. J'entends vaguement un bruit lourd, à côté de moi. Le bruit de quelqu'un qui tombe par terre. Je ne suis pas seule?
Je sens encore la douleur du couteau, dans mon corps. Il l'a enfoncée combien de fois? Je ne sais pas. Mais je crois que je n'ai jamais eu si mal de ma vie. J'ai cru que j'allais mourir. Le Seigneur m'aurait-il acceptée dans Son royaume? Non, je serais allée en Enfer, je n'ai pas pu guérir tout le monde, malgré mes connaissances.
J'aimerais bien savoir qui j'ai entendu tomber. C'est sans doute le guérisseur qui a empêché que je meurs. Grâce à Dieu, il y a encore des personnes qui ne pensent pas que je suis un démon du Malin.


La créature remue, sur le sol, au milieu de cadavres. Le plus récent est celui d'un homme d'une trentaine d'années, habillé assez richement pour l'époque. Il a du sang, sur les mains, un trou béat dans le ventre, et ses yeux, grands ouverts, reflètent la terreur qu'il a ressenti avant de mourir. La terreur et aussi, apparemment, l'immense douleur qui a du s'emparer de lui. De ses lèvres s'échappe un mince filet de sang, sa langue pend lamentablement, et son sang se répand sur le plancher rongé aux mites.
La créature remue encore, sur le sol, au milieu des cadavres. L'odeur des chairs putréfiées est insupportable, mais la chose ne semble pas s'en rendre compte. Elle tente d'avancer, à l'aveuglette, et ne réussit qu'à rentrer en collision avec une armoire branlante, de laquelle tombe un bocal étrange. Un grognement ignoble et sourd échappe à l'étrange amas de chairs et d'os, alors que de multiples pierres s'abattent dessus. On dirait des rubis, minuscules, mais ça n'a pas l'air d'en être. Curieux, le monstre avance ce qui lui sert de bouche et en avale une. Puis deux. Puis toutes celles qui peuvent passer à sa portée. C'est bon. Il ne sait pas ce que c'est, il ne sait pas ce qu'il fait exactement, mais c'est bon. Le 'corps' agit par instinct. L'esprit, lui, est ailleurs, et ne se rend même pas compte de ce que fait son corps.

Je ne comprends pas. Ca fait un moment, que je suis réveillée. Je dors, je m'éveille, je dors à nouveau, mais je ne vois personne. Un guérisseur devrait venir. Ou me donner à manger. Je ne mange pas, ne bois pas. J'ai faim. Jamais je n'ai eu aussi faim, ou aussi soif.
J'ai mal. Mon bras me fait de plus en plus mal. Mais je n'ai plus mal partout, comme avant.


Chaque jour un peu plus, le monstre, seul dans son coin, devient une jolie jeune femme. Ses mains, ses traits, tout se dessine peu à peu. Toujours par instinct, ou peut-être par faim, l'être mange tous ces étranges rubis qui lui passent à portée. Et puis, un beau matin, enfin, la créature a enfin pris forme, complètement. Qu'est-elle? Elle l'ignore. Mais une chose est certaine : Séraphine n'a pas conscience d'être morte.
Sa première réaction, en recouvrant la vue, dernier bout de son corps à s'être formé, est d'hurler de terreur face aux cadavres. Doublement lorsqu'elle aperçoit celui d'une jeune femme aux longs cheveux noirs, dans un linceuil, un collier de cuivre autour du cou, le corps parsemé de plaies... de couteau.
Ce cadavre... C'est le sien.
Nue, elle s'effondre sur le sang séché de l'homme à la plaie béante. Elle a peur. Elle ne comprend pas. Tremblante, une envie de pleurer la prend, alors qu'elle sent une faim toujours plus grande se creuser dans son corps. Elle ne bougera pas pendant de longues heures, avant de commencer à observer autour d'elle, cherchant ce qui a bien pu se passer. Parmi les cadavres, certains pestiférés qui n'ont pas été brûlés, d'autres morts de vieillesse – environ la quarantaine – d'autres encore morts au combat – il leur manquait parfois un petit bout de quelque chose.
Puis, ses yeux tombent sur un carnet. Elle sait lire. Heureusement pour elle. L'homme, qu'elle avait entendu tomber bien des jours auparavant, avait écrit à l'intérieur plusieurs comptes rendus de ce qui semblait être des expériences.
Un courant d'air froid la fait frémir. Séraphine fouille dans les affaires et se résoud à prendre des vêtements d'homme pour couvrir sa peau pâle. Et retourne à la lecture du petit carnet, essayant de comprendre.

Mais d'ores et déjà, on frappe à la porte. La jeune femme sursaute. Une voix d'homme intime d'ouvrir. Sans doute des soldats, ou quelque chose du genre, envoyés par le seigneur de ces terres. Elle ignore que des voisins, alertés par l'odeur des cadavres, a alerté les autorités de l'époque. Sans réfléchir, la jeune fille ne bouge pas, incapable de remuer le plus petit doigt, et se retrouve ainsi face à une douzaine d'hommes armés jusqu'aux dents, habillée comme l'homme sur le sol – ou une sorcière, comme le pensèrent les soldats – au milieu de nombreux cadavres. Vous pensez bien qu'ils ne réfléchirent pas et l'embarquèrent, comme sorcière. Chanceuse, elle ne perdit pas le carnet et, dans la cage dans laquelle on la mit, elle put commencer à déchiffrer les notes d'un homme qui se disait Alchimiste.
La date du calendrier chrétien l'informe qu'elle est morte depuis deux mois. Elle n'arrive pas encore à comprendre cette notion, mais c'est ce que lui disent les faits. Elle apprend que cet homme travaillait sur le changement, la transformation des choses. Cet homme était un sorcier ! Il parlait même de faire revivre les morts et de créer un être humain artificiel, qu'il appelait du nom étrange – elle dut s'y prendre à plusieurs fois pour réussir à le lire – d'homonculus.
Des notes qu'elle lisait, elle était sa première expérience – puisqu'il n'y avait plus rien après. Il disait avoir jeté son dévolu sur une jeune fille au corps parsemé de coups de couteau. Il ne voulait pas la ramener à la vie, mais créer un être qui aurait son physique. Elle était donc devenu un modèle.

Les notes s'arrêtaient là. Elle aurait aimé en savoir plus. Savoir ce qu'il s'était passé pour que l'homme meurt, ou pour qu'elle retrouve ses esprits, sa mémoire – partielle, certes, mais quand même – alors qu'il ne voulait que faire un humain artificiel.
La grille de sa cage s'ouvre. On lui ôte le carnet des mains et on la traine par les cheveux jusqu'au bûcher. Etrange de se dire qu'on va mourir une seconde fois... Gémissant face à la brutalité du geolier, elle ne se débat néanmoins pas lorsqu'on l'attache, et les laisse allumer le bois sec sous ses pieds. A vrai dire, elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais elle se sentait plus embêtée à l'idée de voir le carnet s'enflammer plutôt qu'en se disant qu'elle allait mourir, et, encore une fois, dans la douleur la plus atroce.
Et en effet, ce fut douloureux. Sa peau, qui grésilla sous la chaleur, son corps, qui noircit, ses cordes vocales, qui cédèrent à force de hurler la douleur de la jeune femme.
Le feu de joie cessa, et quelques préposés vinrent récupérer le corps, noirci, calciné, pour le mettre avec d'autres – on aimait beaucoup massacrer plusieurs sorcières en même temps – et ne firent pas le corps se redresser brusquement dans le chariot, reprenant une longue inspiration. A nouveau nue, la jeune femme, paniquée, ne chercha pas à comprendre et s'enfuit à travers bois, tentant de comprendre ce qui lui arrivait.

Il lui fallut longtemps. Très longtemps. Pour réunir des possibilités, des hypothèses, essayer de trouver des alchimistes. Réunir des informations, se faire passer pour des gens, untel ou untel, faire croire qu'on était quelqu'un d'autre, qu'on était de ceux qui faisaient ces expériences. Et comprendre le but étrange de cet homme, pourquoi cette folie de vouloir avoir le pouvoir du Seigneur, le pouvoir de vie et de mort, de métamorphose et de changement des choses.
Séraphine s'aperçoit qu'outre le fait de ne pas pouvoir mourir, elle ne vieillit pas non plus. Son corps ne change pas, et rien ne pourrait laisser penser qu'elle n'est pas humaine. Si ce n'est ce tatouage étrange, dont la présence fut difficile à détecter. A force de recherches, et de voyages, à dos de cheval, elle aura fini par comprendre sa symbolique. Un ouroboros qui se mord la queue... Le cycle de la vie, ou, de manière plus étendue, la vie éternelle. Cette marque ne frappait pas son être par hasard.
Elle voit la science de l'alchimie se répandre, peu à peu. Oh, elle ne prend pas encore beaucoup d'ampleur. Elle apprend, doucement, à comprendre que ce ne sont pas des sorciers. Que la magie n'existe pas. Mais qu'ils ne comprennent pas qu'une science, si puissante qu'elle soit, sera toujours soumise à des règles et ne donne pas la place de Dieu. Pourtant, elle verra au cours des siècles que ces hommes ne comprennent pas. Ils continuent, ils font leurs expériences, ils paient le prix fort.

Elle les verra découvrir une après les autres certaines règles. Et leur donner des noms. Au cours des siècles, elle restera dans l'ombre, étudiant l'alchimie autant qu'elle se plongera dans divers autres domaines, pour palier à l'ennui qui, au fil du temps, s'installa dans sa vie. Elle découvrit, au bout de plusieurs décénies, qu'elle avait une faculté en plus de la vie éternelle, qui lui permettait de communiquer sa faim permanente aux autres. Et qu'elle ne pouvait en aucun cas utiliser l'alchimie.
Séraphine touchera à tous les domaines. Botanique, combats, mathématiques, littérature... Elle aura la chance d'être la contemporaine de certains grands auteurs, et de vivre des évènements historiques incroyables. L'Histoire? Ah, la bonne blague. N'importe quel événement, elle peut vous en citer la date. Mais elle reste particulièrement incollable sur l'époque médiévale. A une ère où on commence à développer des écoles, ce n'est pas inutile.
Ses connaissances s'accroîtront, et son domaine de savoir deviendra plus grand que celui d'un humain normal. Rien de plus naturel, me direz-vous, elle aura quand même eu plusieurs siècles pour accumuler un tel savoir.

Elle n'a, de fait, plus confiance ni espoir en l'humanité. Elle s'est durcie en caractère, a évolué, est devenue une toute autre personne que la jeune fille soumise née dans une chaumière d'une famille plus que modeste.
Séraphine est devenue une observatrice. Rien n'échappe plus à son regard. Mais elle déteste s'en mêler. Elle sait, que quelque part, elle a des « congénères », d'autres personnes immortelles ou presque, fruits de la stupidité et de la mégalomanie humaine. Elle ne sait pas qui ils sont, ni leur but réel. Et pour tout vous avouer, elle en a rien à cirer. Elle voit leurs mouvements, elle arrive parfois à reconnaître leur responsabilité derrière un dérèglement politique, un conflit militaire. Elle observe les humains tomber les uns après les autres de leur volonté. Et elle ne s'en émeut pas plus qu'elle ne trouve ça intéressant. Lancer des humains les uns contre les autres... Pour quoi faire? Elle ne sait pas et ne veut pas le savoir.
Sa seule quête, à l'heure d'aujourd'hui, c'est l'intérêt, la fin de l'ennui. Trouver quelqu'un qui sortira de l'ordinaire et qui saura l'étonner, trouver une occupation quelconque qui l'occupera un moment, attendre des humains qu'ils deviennent enfin intelligents... Ou bien mourir. La mort, on en a peur. On la rejette en bloc, on ne veut pas qu'elle arrive... Parce qu'on est humain et qu'on sait qu'elle viendra un jour. Quand on est las de son existence, on n'attend qu'une chose : qu'elle vienne nous prendre et nous étreindre dans ses bras, comme une vieille amie.


FIN


PS: oui la fin est bâclée, j'en avais marre u.u"
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Gabriel Lythis
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MessageSujet: Re: [Terminée] Séraphine ou la faim permanente [Validée]   Dim 5 Avr - 16:12

Bonjour, et bienvenue =)

Très belle fiche, bien construite de A à Z, et très belle histoire (je tiens d'ailleurs à te féliciter pour ta description fidèle et réaliste des difficultés de vie au Moyen Âge ; le danger qu'était la météo: un froid persistant, une mauvaise récolte, une famine, des morts ; ou encore la mentalité due à la forte mortalité infantile: on fait beaucoup d'enfants pour qu'un maximum atteignent l'âge adulte).

Validée !
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Séraphine Mistaken
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MessageSujet: Re: [Terminée] Séraphine ou la faim permanente [Validée]   Dim 5 Avr - 16:25

Merci =)
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MessageSujet: Re: [Terminée] Séraphine ou la faim permanente [Validée]   

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[Terminée] Séraphine ou la faim permanente [Validée]
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