FullMetal Alchemist RPG v.6.0 - Novus Mundus


 
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 Wynn Leichenhalle [à finir]

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Wynn Leichenhalle

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MessageSujet: Wynn Leichenhalle [à finir]   Lun 28 Déc - 21:15

Nom: Leichenhalle

Prénom: Wynn

Âge: 15 ans

Avez vous de la famille? Plus aucune. Wynn avait deux parents et un petit frère de trois ans son cadet. Tous trois ont disparus dans des circonstance malheureuses qui seront évoquées dans son histoire.

Votre métier ou qualification: Tueur à gages.

Pays d'origine : Officiellement, Wynn est originaire de Drachma. Officieusement, on ignore d'où il vient réellement, tant il a été balloté d'un pays à l'autre. Son teint et ses traits se confondent d'ailleurs très bien avec une personne originaire de Drachma.

Pays où vous habitez : Drachma, mais son travail et sa réputation... d'exterminateur radical l'obligent à souvent se déplacer régulièrement.

Quel est l'animal avec lequel on vous a transmuté? Un énorme loup à l'épaisse fourrure blanche et aux crocs démesurés, facilement reconnaissable à ses étranges yeux bleus.

Quel est votre pouvoir? Wynn a la capacité de voir dans la nuit grâce à ses yeux de loup. Il possède également la grande puissance et la souplesse de l'animal, et bien sûr, comme tout loup qui se respecte, il a des solides griffes acérées, autant dans sa forme de loup que sa forme humaine. Sous forme humaine, il peut les dissimuler, mais par précaution, il porte très souvent des gants opaques. Cependant, aspect moins avantageux de sa fusion, il a un appétit insatiable et de ce fait a constamment faim.

Connaissez-vous la personne qui vous a transmuté avec un animal? Non et Wynn n'est pas du genre à psychotter sur le pourquoi du comment il a été transformé, raison pour laquelle il n'a jamais réellement chercher à savoir qui l'avait transformé, si ce n'est pas simple curiostié.

Faites vous du[/size]combat à mains nues? Rarement, privilégie le combat éloigné. Il n'utilise le combat rapproché que sous sa forme de loup, mais il n'est pas non plus malhabile sous sa forme humaine, disons plutôt qu'il n'aime pas ça.

Utilisez vous des armes tranchantes? Oui.

Si oui lesquelles? Un poignard et une dague en argent.

Et des armes à feu? Oui.

Si oui lesquelles? Deux revolvers.


Mon équipement Ses révolvers sont très particuliers et loin d’être calibrés comme la normale. En argent et gravés d’étranges runes, ils sont comme doués d’une conscience propre et n’obéissent qu’à leur maître de sang. En effet, pour pouvoir les utiliser, leur maître est obligé de leur donner continuellement une petite quantité de sang. Ils n’accepteront donc de ne servir que celui dont ils reconnaitront le sang, et sont par là impossibles à dérober et très dangereux. S’ils sont perdus, ils n’auront de cesse de rechercher leur maître, le suivant et le traquant comme un poison ou une malédiction, car à partir du moment où ils ont été nourris une fois, il est impossible de s’en débarrasser. (N’entendez pas par là qu’ils ont des petites pattes et sont capables de se déplacer, bien sûr...) Mis à part ce petit détail qui a tout de même son importance, ils sont redoutables.
Leur origine est inconnue, mais on suppose qu'ils ont été créés par alchimie et qu'en plus du sang de leur maître, ce sont les âmes de leur victime qui leur permettent de subsister. C'est l'hypothèse la plus vraissemblable.
Ce sont des armes légendaires assez peu connues appelées les Sanguineus, c'est-à-dire les sanguinolents.

Sa dague est assez simple et banale, comparée aux révolvers, il s’en sert assez rarement.

Quant au poignard, il est très ancien et gravé des mêmes runes que les sanguinolents, bien qu’il ne soit pas doué des mêmes capacités et reste un élément parfaitement inerte.

Pour finir, Wynn se sépare rarement de son violoncelle, ce qui le fait passer pour un musicien ambulant plus qu'un assassin. C'est un instrument superbe, d'une beauté aveuglante. Instrument de créateur, il a été taillé dans le plus noble des bois, pour un son et une chaleur veloutée incomparables. Le bois est recouvert d'une pellicule de feuilles d'or blanc, travaillées avec beaucoup de finesse. Cette pellicule est gravée sur la quasi totalité de l'instrument de runes anciennes qui représentent toutes à leur façon le jeune garçon.
L'or est poli et lissé de façon à ce que les lumière se reflète dessus et se réfléchisse en d'innombrables particules de lumières. Sa particularité à refléter tout en fait une sorte de miroir, qui a un côté sentimental, pour Wynn.
L'archet est taillé dans un beau bois blond strié d'argent, dont la pointe est légèrement recourbée. Cet instrument exceptionnel est la fierté de Wynn, qui ignore qu'en réalité, il n'est pas le seul à posséder cet instrument, puisque qu'il a un jumeau taillé dans le même bois et identique en tous points...


Mon caractère :

Derrière son visage aux traits fins, froid et impassible, Wynn est quelqu'un de profondément mauvais. Il sait jouer à merveille avec son physique pour se montrer le plus avenant et aimable possible, avant de refermer ses griffes cruelles autour de sa proie. Il reste stoïque dans la plupart des situations, comme étranger à tout ce qui l'entoure. Il fait un parfait tueur à gage, car il assassine ses cibles avec un sang froid affolant, n'éprouvant pas la moindre honte ou le moindre regret à tuer, c'est son lot quotidien et après tout, il adore ça. Si cela ne se voit pas sur son visage, il aime faire du mal et aime voir ses victimes souffrir, à tel point qu'il s'arrange toujours pour ne pas les tuer d'une seule balle, mais fait durer le plaisir. Son petit péché mignon reste tout de même le suicide. Ca ne gaspille pas de balle «inutilement», et c'est toujours plus amusant de voir sa victime s'enfoncer, et s'enfoncer encore, jusqu'à ne plus pouvoir se sortir de la fange dans laquelle il est empêtré, jusqu'à aller supplier son tortionnaire de l'achever... Ce que Wynn trouve particulièrement jouissif. Jamais encore il n'en est venu à achever ainsi une de ses victimes, car il gagne à chaque fois, et il a découvert avec beaucoup d'amusement qu'un humain désespéré... Est capable de mettre fin à ses jours avec beaucoup d'imagination... En réalité, du haut de ses quinze ans, c'est un véritable sadique. Son travail de tueur à gages le pousse souvent à devoir torturer ses victimes pour obtenir certains renseignements, mais il est loin de répugner cette tâche, et bien qu'il le cache, il jubile à chaque fois qu'il a à le faire.
Il est très observateur et intelligent, et n'agit jamais sans un minimum de réflexion ou d'observation, et est capable de faire preuve d'une honteuse hypocrisie comme d'une très franche honnêteté. Cependant, son côté loup a une certaine influence sur lui, car il est vite excité par l'odeur du sang et avide de violence et de cruauté. Il est obligé de réfréner ce côté de sa personnalité, raison pour laquelle il reste si calme et effacé, la plupart du temps.
Lorsque la tentation devient trop forte, il cède à ses pulsions animales et devient non pas incontrôlable mais complètement fou, et seule Jehra parvient à le calmer, dans ses moments d'instabilité. Elle sait l'apaiser et le ramener à la normale, par des moyens plus ou moins radicaux. Wynn est un personnage qui est également assez solitaire. Il n'aime pas être entouré de beaucoup de monde, et préfère rester dans l'ombre ou en compagnie d'une seule personne plutôt que de supporter les jacassements d'une dizaine de bécasses. C'est pourquoi il aime passer du temps seul à lire ou écrire, ça lui demande moins d'effort que de supporter une conversation.
La seule avec qui il parle sans éprouver un profond ennui et en étant -presque- honnête est Jehra. Ils se connaissent depuis leur transformation et se quittent très rarement. Leur relation est cependant très ambigüe, car ils ont l'air d'un couple tout à fait normal... Ce qui est loin d'être le cas. Ils ont l'un envers l'autre une affection très mitigée. En effet, ils ne sont pas nullement amoureux l'un de l'autre, ils sont juste un peu attachés, mais l'un comme l'autre, ils n'hésiteraient pas entre leur propre vie et celle de l'autre. Ils sont capables d'affection l'un envers l'autre comme d'une parfaite indifférence. Leur relation est plus un jeu qu'autre chose, un jeu excessivement malsain et macabre. Wynn a une passion plus que glauque pour le sang, et ses ébats avec Jehra se finissent généralement dans un bain sanguinolent... Ils éprouvent un besoin sadique de se faire du mal, d'une façon toujours plus répugnante que la précédente.
Ainsi, on ne sait jamais sur quel pied danser, avec eux, car ils sont capables de se montrer très tendres et amoureux l'un envers l'autre, comme s'agresser ou se violenter mutuellement sans raison apparente.
Wynn est ce qu'on pourrait appeler un virtuose de la gâchette, tant il est fin tireur, et c'est un maniaque qui ne supporte pas lorsqu'il y a la moindre tâche de sang sur ses révolvers, raison pour laquelle il y apporte un soinj minutieux, jusqu'à devenir profondément exaspérant, puisqu'il passe parfois des heures à les contempler et les chouchouter.
C’est aussi un violoncelliste de génie qui a un véritable don pour la musique. Il aime se produire et accompagner Jehra lorsqu’elle chante, pour ensorceler les auditeurs par la musique, d'autant que lorsque Jehra se met à chanter... C'est très mauvais signe pour leur auditoire, car cela signifie qu'elle sombre dans la folie, moments que Wynn qualifie de délicieusement macabres.
Dernier détail qui en impressionne plus d'un, le côté loup de Wynn se ressent aussi dans son appétit. Il ne semble jamais rassasié et a constamment faim, comme si son estomac était un puits sans fond... D'autant que pour le rassasier, il faut qu'il se nourrisse exclusivement de viande crue et sanguinolente.

A préciser tout de même: Wynn n'est pas infaillible ni même tout puissant. Comme tous le monde, il a ses faiblesse, bien qu'il les dissimule sans arrêt derrière la froideur de son visage et de son sourire cruel. Comme tout être humain, le jeune garçon a une phobie plus que maladive et même obsédante. Il est incapable de se regarder dans un glace ou un miroir sans être prit de convulsions violentes et de sueurs froides. En effet, ses magnifiques yeux bleus dont le regard d'acier impitoyable fait fuir la plupart du temps le terrifient.
Dans ses iris, il a le sentiment de constamment revivre son cauchemar, comme une sorte de miroir de son âme qui lui fait prendre conscience de l'horreur de ses actes. Dans ses yeux, il revoit sans arrêt sa mère baigner dans un bain de sang, il entend les hurlements strident de son frère et plus que tout, il ressent de vives douleurs dans les doigts, dues à ses tortures passées.
C'est pourquoi Wynn est incapable de se regarder dans les yeux, s'il voit son reflet. Il est la seule personne qu'il soit incapable d'affronter dans les yeux. C'est une phobie dont personne n'a connaissance, sauf peut-être Jehra, si elle l'a bien observé.


Mon physique :
Malgré ses quinze ans, Wynn est particulièrement grand, puisqu'il mesure un bon mètre quatre vingts cinq. Il est élancé et très mince, malgré l'énorme quantité de nourriture qu'il ingurgite chaque jour. Son entrainement et sa qualité de tueur à gages en font un jeune homme à la musculature proche de la perfection, à la grande joie de Jehra qui apprécie beaucoup les tablettes de chocolat pure beurre de cacao de son compagnon. Étonnement, il est loin d'avoir des battoirs viriles et masculins à la place des mains et a au contraire de longues mains fines et délicates, que l'on qualifierait de mains de pianistes, ce que Wynn trouve absolument ridicule, raison pour laquelle il porte des gants en cuir en permanence, pour cacher ses mains trop fines à son goût.
Le visage de Wynn est d'une pâleur cadavérique, son teint de neige étant du au fait qu'il s'expose rarement au soleil, ayant les yeux excessivement sensibles. Les traits fins et bien dessinés de son visage androgyne en font un jeune homme d'une grande beauté, qui est loin de laisser de marbre, d'autant qu'il est doué d'un grand charisme, bien qu'il inspire la crainte, la plupart du temps. Il possède un petit sourire charmeur et deux petites fossettes qui en ont trompées plus d'une. Loin d'arranger l'aspect quelque peu féminin de sa personne, il possède long cheveux argentés et légèrement ondulés qui glissent en cascade de long de son dos, jusqu'à ses hanches.
Le côté masculin de son visage est rehaussé par sa mâchoire volontaire et plus carrée que celle d'une fille, et l'aspect de sa personne qui inspire le plus souvent la crainte ou met mal à l'aise sont ses yeux. D'un bleu assez pâle, voire presque blanc parfois, ils sont excessivement perçants et glacials, à tel point qu'ils donnent l'impression de lire en chacun comme dans un livre ouvert. Ils ont une forme très fine et en amende, accentuant le regard de félin que lui donnent ses pupille allongées, marque animale de sa personne. Ils inspirent la plupart du temps l'effroi, même lorsque Wynn sort son «regard de velours», car leur nature très pâle fait ressortir son regard d'acier et le vide total de son coeur. En somme, tout en lui semble séduisant, mais son aura malsaine et ses yeux froids mettent toujours une grande distance entre lui et ses semblables, ce qui est loin de lui déplaire.
Côté vestimentaire, oui parce qu'il est civilisé, il ne se balade pas en costume d'Adam, Wynn aime les vêtements élégants et lors des innombrables soirées auxquels il a assisté, on peut constater qu'il est toujours habillé très élégamment. Sur le terrain et au quotidien, il est toujours tiré à quatre épingles et porte constamment un chapeau sur la tête, et l’on a du mal à imaginer qu’il puisse s’agir d’un tueur à gage. Il n’a cependant pas de tenue particulière habituelle, puisque chaque fois que lui et Jehra s'émoustillent un peu trop, leurs vêtements terminent en lambeaux...





Dernière édition par Wynn Leichenhalle le Sam 9 Jan - 13:11, édité 5 fois
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Wynn Leichenhalle

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MessageSujet: Re: Wynn Leichenhalle [à finir]   Mer 30 Déc - 2:02

Mon histoire:



Chapitre un: Découverte d'un nouveau pouvoir.

Où suis-je... Il fait si sombre, ici... Non... C'est bien plus... C'est un noir oppressant qui m'entoure... Mes yeux sont-ils fermés? Ou bien suis-je aveugle? Ce noir est si angoissant... Il fait froid... Pourtant je ne ressens rien... J'ai perdu toute notion de sensation... Suis-je... Mort...?

Plongé dans un profond sommeil, Wynn ne savait s'il vivait un cauchemar ou un rêve. Quoi qu'il en soit, c'était très étrange. Il avait perdu toute notion de temps, et de perception, tant les ténèbres qui l'entouraient l'oppressait. Il aurait voulu tendre la main pour essayer de toucher cette épaisseur noirâtre qui l'entourait, mais plus aucun de ses muscles ne lui obéissait. Il ne parvenait même pas à savoir s'il respirait ou non, tant ce qu'il éprouvait était confus. Tout ce qu'il savait, c'est que dans toute cette noirceur, il était conscient.
Il n'aurait su dire qui il était, d'où il venait ni pourquoi il était là. Soudain, une lueur attira son attention, et Wynn sut alors qu'il n'était pas aveugle. Il aurait voulu tourner la tête, mais il ne pouvait que suivre cette lueur des yeux. Elle se transforma rapidement en une violente lumière affreusement crue et Wynn dut fermer violemment les yeux pour ne pas être à nouveau aveuglé. Après quelques secondes, il entrouvrit faiblement les paupières, méfiant.
Une forme indistincte se profilait devant lui, et une main se tendit en sa direction, comme pour l'inviter à se relever. Ses lèvres refusaient de bouger, mais il lui semblait que la forme entendit parfaitement sa pensée. «Qui es-tu?» Bien que la lumière soit particulièrement forte, il lui sembla voir la forme... Sourire? Ou n'était-ce que le fruit de son imagination?
Sans qu'il comprenne pourquoi, Wynn parvint à lever le bras vers cette main blanche tendue vers lui. Elle le tira en arrière, et le jeune garçon put enfin contempler le visage de celle qui venait de l'aider. Une belle chevelure blonde encadrait le visage d'une enfant d'une douzaine d'années. Son beau visage était creusé par une faim évidente et ses cernes noirâtres témoignaient de sa fatigue. Quand à son corps, il était incroyablement maigre et seulement recouvert d'une robe légère de coton blanc.
La première pensée de Wynn fut de se dire qu'il avait en face de lui l'incarnation parfaite d'un ange, et il fut tenté de lui redemander qui elle était, mais elle ne lui en laissa pas le temps.
Elle l'enlaça avec tendresse et murmura à son oreille, avec une infinie douceur qui emplit son coeur et l'apaisa: «Réveille-toi, Wynn... L'heure est venue...»
Elle le lâcha et porta un dernier regard emplie d'une tendresse maternelle vers le jeune garçon plein d'interrogations. Il tendit le bras vers elle, agrippant les doigts de la fillette, tandis que la lumière venait à décroitre, et son ombre à disparaître. «Il est temps, à présent... Tu es prêt, Wynn...». Le jeune garçon s'énerva, tandis qu'il tentait de retenir l'étrangère de ses doigts. «Mais qui es-tu, à la fin?». Pour toute réponse, elle lui sourit et disparut.
A nouveau, ce fut le noir complet.

Wynn ouvrit brusquement les yeux... Pour les refermer aussitôt, tant la lumière l'aveugla. Il mit une longue minute à prendre conscience de ce qui lui arrivait. Cette fois il en était sûr, il était bel et bien conscient, car il ressentait les choses. Le métal froid sur sa peau nue le fit frissonner, et ce frisson le parcourut de la tête au pied, faisant tressaillir son échine et dresser ses cheveux argentés.
Surtout, il avait mal, très mal. Toutes ses articulations le faisait atrocement souffrir, tant elles étaient raides et transit par le froid ambiant. Wynn souffla et un nuage de vapeur s'échappa de sa bouche, confirmant ainsi son hypothèse selon laquelle la température ne devait pas dépasser les trois ou quatre degrés. Wynn émit un grognement rauque en tentant de s'étirer et crispa ses doigts autour de la paroi en métal de sa couche. Un son atrocement aigu et grésillent le fit sursauter, et c'est avec beaucoup d'effort qu'il parvint à tourner la tête vers ses doigts, où il découvrit avec stupeur de longues griffes aussi acérées que celles d'un prédateur.
Constatant qu'il pouvait bouger la tête avec assez bonne aisance, Wynn se mit à observer la pièce du mieux qu'il pouvait. Le plafond était d'un blanc immaculé, tout comme les murs, qui ne comportaient pas la moindre ouverture, que ce soit une porte ou une fenêtre. Au dessus de lui, de violents néons blancs faisaient pleuvoir sur lui une lumière plus que désagréable, et le jeune garçon grimaça en levant les yeux pour la seconde fois.
Penchant la tête au possible, il constata qu'il était totalement nu, mais cela ne l'affecta guère, ce qui l'ennuyait beaucoup plus, c'était les sangles qui le maintenaient solidement attaché à la table métallique. Reposant la tête sur le métal en soupirant, il attendit. Pas très longtemps. En effet, quelques minutes plus tard qui lui semblèrent pourtant être une éternité, des bruits de pas attirèrent son attention. Il tourna la tête vers l'origine du bruit, et découvrit que la pièce qu'il pensait hermétiquement close comportait en réalité une porte bien dissimulée. Un homme en blouse blanche entra timidement. Il était frêle et assez jeune, de taille moyenne et ses cheveux gras venait cacher en partie son visage déjà bien entamé par des grosses lunettes grises.
Il s'approcha du jeune garçon avec méfiance, et constatant que celui)ci n'avait pas l'air hostile, il reprit sa respiration.


«Et bien... Je constate que tu es réveillé...»

Wynn voulu répliquer que non, il dormait les yeux ouverts, mais se retint, étant trop faible pour se permettre de faire encore des sarcasmes. Le jeune scientifique s'assura de sa tension, de son pouls et lui injecta dans le sang une substance que Wynn ne connaissait pas, avant de vérifier ses réflexes oculaires, auditifs et sensoriels.

«Bien, je crois que tout est en ordre...»

Le jeune homme s'approcha d'un transformateur électrique et appuya sur une série de boutons. Peu de temps après, une douce tiédeur emplie la pièce, faisant frissonner Wynn de bien être.

«Ce ne doit pas être très agréable d'être conservé à une température aussi basse, mais nous n'avions pas le choix.»

Tiens donc... On? Les pièces du puzzle commençait à se mettre en place dans l'esprit de Wynn. Il était prêt à parier qu'il avait été le cobaye d'une expérience quelconque et qu'il n'allait pas tarder à se rendre compte qu'il avait trois jambes et deux têtes... Il poussa un profond soupir et repporta son attention sur le plafond.
Le scientifique à côté se tordait les mains nerveusement, avec hésitation.


«Et bien heu... Je crois que... Que je vais pouvoir te retirer ceci...»

Sans détourner son regard du plafond, Wynn avait comprit qu'il parlait des sangles et ne broncha pas. Le jeune homme s'affaira à retirer les sangles une à une et Wynn put enfin se redresser et s'assoir sur la table, bien qu'il tangua beaucoup, sous l'effet d'un violent vertige. Il parvint à se rétablir et se prit la tête entre les mains, en proie à une grosse migraine.

«Tu ne peux probablement pas encore parler, c'est normal... Je m'appelle Tomas, c'est moi qui vais m'occuper de toi jusqu'à ce que tu sois pleinement rétablit.»

Wynn tourna un moment la tête vers Tomas, le détaillant avec insistance, puis retourna à sa contemplation du sol tout aussi blanc que le reste de la pièce.

«Heu... Je... Je vais t'aider à te lever.»

Il lui saisit le bras, mais Wynn se retira violemment, le fusillant du regard. Le jeune homme déglutit et recula. Wynn se leva de lui-même, mais il perdit l'équilibre et manqua de tomber plusieurs fois. Finalement, il s'adossa à un mur, les jambes tremblantes et les articulations douloureuses. Il voulut se remettre à marcher, mais il trébucha et se rattrapa à une table, sur laquelle il y avait un bocal de verre vide qui tomba en même temps que le jeune garçon. Il grimaça lorsque les morceaux de verres s'enfoncèrent dans sa chaire. La douleur eut pourtant vite fait de disparaître. L'odeur âcre et suave du sang vint le prendre à le gorge, l'étouffant tant qu'il en suffoqua. Le liquide d'un rouge profond s'écoulait paresseusement sur le sol immaculé, éveillant chez Wynn une faim et un appétit impossible à réfréner.
Le voyant tremblant et suffocant, Tomas se précipita sur la garçon pour l'aider.


«Ca va aller, tu crois?»

Wynn eut un sourire des plus diaboliques, sous sa masse de cheveux argentés. En un bond, il fut sur ses pieds et saisit le scientifique par le col. Celui-ci gémit en découvrant avec horreur les yeux d'un blanc laiteux de l'enfant et se débattit pour se défaire de l'éteinte de fer, mais à part gesticuler, il ne pouvait pas faire grand chose. Wynn l'observa avec attention, un sourire cruel fiché sur les lèvres.

«Pauvre petite créature... Tu es si faible, il ne sert à rien de t'exciter ainsi, tu vas encore plus te fatiguer...»

Tomas cessa de bouger, stupéfait que l'enfant parvienne à parler. Sa voix était doucereuse, presque charmeuse... Mais son ton était incroyablement froid et acide, piquant comme la glace, à mi chemin entre la voix d'un adulte et celle d'un enfant.

«Et bien? Tu en as perdu ta langue...?»

Voyant que le scientifique ne répondait pas, Wynn soupira.

«Je ne suis pas d'un naturel très patient... Aussi, je vais me montrer plus persuasif.»

D'un coup de griffes, il arracha la veste et a chemise du scientifique, qui hoqueta de douleur en sentant les griffes traverser légèrement sa peau et un filet de sang s'écouler de long de son torse maigre. Wynn huma l'air avec délectation, se repaissant de l'odeur alléchante de sa proie.

«Maintenant, tu vas me répondre... Pourquoi suis-je ici, et que m'as-tu fais?»

Tomas le regarda avec effarement et détourna les yeux. Wynn le secoua violemment en le forçant à le regarder.

«REPOND!!»
«Je... Je ne t'ai rien fais, je te le promet!! Ce n'est pas moi!! Je suis nouveau ici, on m'a dit de m'occuper de toi, mais je ne sais absolument pas ce qu'ils t'ont fait, je te le jure!! Laisse-moi partir, s'il te plais!!»


Wynn eut une moue boudeuse.

«Hum... ce n'est pas très convainquant...»
«Par pitié!! Laisse-moi!!»


Wynn eut alors un sourire mauvais et plein de méchanceté.

«Aller, je suis sûr que tu es capable de bien mieux...»

Le jeune scientifique se mit alors à pleurer en gémissant.

«Par pitié!! Je t'en supplie, ne me fais pas de mal!!!»
«Tu as peur?»
«Oui!! Atrocement... Peur... Pitié...»


Wynn sourit avec satisfaction. Il avait assez joué comme ça.

«Bien. J'en ai assez entendu.»

Tomas releva vers lui des yeux pleins d'espoir. Wynn le reposa à terre.

«Oh Merc...»

Ses paroles s'achevèrent pas un hoquet de stupeur. Tomas baissa les yeux vers sa poitrine, d'où coulait un flot de sang, et releva des yeux larmoyants de douleur vers Wynn.

«Pou... Pour...»
«Pourquoi? Parce que tu es un témoin gênant et que j'ai envie de m'amuser, voilà tout. Et puis j'ai faim... Accessoirement...»


Wynn tenait entre ses doigts griffus le coeur de Tomas. Il avait constaté avec délectation que ses doigts s'enfonçaient avec une aisance insolente dans la chaire de cet homme, et à présent, il tenait au sens propre du terme sa vie entre ses doigts. A présent, il le sentait battre à un rythme irrégulier dans sa paume. Wynn ferma les yeux, tant la sensation de pouvoir sentir la vie d'un humain dans sa main était forte. Les poumons de sa victime, soulevés par de violents hoquets venaient caresser délicatement ses doigts et Wynn rouvrit les yeux pour contempler l'horreur et la peur dans les yeux bruns de Tomas. Il resserra son étreinte sur son muscle, à tel point que le scientifique en cracha, ou plutôt vomit une gerbe de sang. Wynn éclata de rire et resserra de plus belle ses doigts contre le coeur de Tomas. Celui-ci était prit de violentes convulsions et spasmes, mais il était toujours vivant.

«Tu es plus résistant que tu n'y paraît... C'est bien... C'est plus amusant...»

Wynn s'amusa encore un peu avec le coeur de Tomas, le faisant tourner, à en arracher pratiquement les artères, le faisant chaque fois vomir plus de sang. Ses yeux se révulsèrent, il était sur le point de mourir.

«Hum...? Ce n'est plus drôle, si tu ne joues plus!!»

Wynn relâcha sa poigne et Tomas prit de violentes respirations, dans un élan de pure folie pour survivre.

«Regarde-moi bien dans les yeux... Ce n'est pas la mort qui vient te cueillir... Mais bien pire!»

Wynn ricana de sa propre réplique, tant elle faisait surjouée.

«Fais de beaux rêves, Tomas...»

D'un geste sec et d'une extrême violence, Wynn arracha le coeur du jeune homme, qui eut un dernier hoquet de douleur avant de s'effondrer au sol, aux pieds de Wynn. Sa cage thoracique avec éclatée, sous le choc, et l'on pouvait voir des morceaux de côtes brisées joncher le sol, dans un bain de sang et de lambeaux de peau.
Wynn reporta son attention sur le coeur encore chaud qu'il tenait dans sa main. Un grognement sortit de sa gorge, et il planta les dents dans le muscle ensanglanté avec délectation. Tout sentiment humain l'avait quitté, il n'était plus qu'un animal, à ce moment.


«Bien... Je vois que notre louveteau est réveillé...»

Wynn sursauta et releva vivement les yeux en grognant. Trop occupé à dévorer son repas, il n'avait pas fait attention aux nouveau arrivants. Un gros homme en blouse blanche le regardait avec une grande satisfaction dans le regard, flanqué de deux gorilles armés de matraques.

«Tu en as fais un joli carnage, Wynn...»

Celui-ci grogna de plus belle à l'encontre du gros homme.

«Bon assez joué. Ramassez-moi ça, les gars.»

Les deux hommes se précipitèrent sur Wynn qui eut à peine le temps de riposter. Il poussa un hurlement d'animal blessé et ce fut le noir total. Il sombra dans l'inconscience.




CHAPITRE 2: Rencontre avec une étrange chimère.

Lorsque Wynn se réveilla, il voulut se relever, mais il ne remarqua pas tout de suite les chaines qui entravaient ses mouvements et retomba lourdement sur le sol, sa tête heurtant violemment le mur de pierre derrière lui. Il poussa un grognement sourd, se rendant compte à quel point sa tête le lançait. Les images étaient floues et dansaient devant ses yeux, si bien qu'il mit quelques minutes avant de s'accommoder à son nouvel environnement. D'après ce qu'il voyait, il se trouvait dans une cellule dont les barreaux étaient si épais et rapprochés que la lumière filtrait à peine à travers. Aucun moyen de s'enfuir par là, donc, d'autant qu'en baissant les yeux vers ses poignets, il put constater que les fers qui le maintenaient prisonnier étaient incroyablement serrés et taillés dans un épais métal particulièrement lourd.
Le jeune garçon posa la tête sur la pierre froide et soupira. Décidément, on ne le laisserait pas s'échapper aussi facilement d'ici. Il ne lui restait plus qu'à attendre une occasion pour s'enfuir, mais étrangement, Wynn n'y croyait guère.
Soudain, un léger bruissement sur sa droite l'interpela. Il tourna vivement la tête, et plissa ses yeux de chat en direction du bruit. Une forme sombre se dessina face à lui, se rapprochant. Instinctivement, Wynn se mit sur ses gardes, prêt à frapper, mais ne prononça pas le moindre mot, pour ne pas trahir la peur qui commençait à s'insinuer dans ses veines. Dans l'obscurité, seulement éclairé par la lumière qui filtrait à travers les barreaux, il vit deux petites mains maigres et striées de blessures encore à vif s'agripper aux barreaux.


«Te voilà enfin parmi nous, bel endormit? J'ai bien cru qu'ils avaient eu raison de toi, quand ils t'ont amenés ici... Il faut dire que tu as dormis trois jours et trois nuits...»

Wynn avait faiblement sursauté en entendant la voix s'élever derrière les barreaux. Cette voix était haut perchée, fluette et doucereuse, mais elle cachait tout de même une ironie acide et piquante, malgré tout. Ce ne pouvait être qu'une petite fille, avec une voix pareille... Étrangement, Wynn avait l'impression d'avoir déjà entendu une voix semblable.

«Et bien? Tu ne sais pas parler? Ou t'ont-ils coupé la langue?»

Wynn ouvrit la bouche, prêt à répliquer mais la referma aussitôt, un sourire aux lèvres. Sans savoir pourquoi, le ton de cette gamine lui plaisait, autant éviter de l'agresser d'entrée de jeu. Il se traina faiblement jusqu'aux barreaux, jusqu'à ce que ses chaines l'empêchent d'aller plus loin. Il posa à son tour une main sur un barreaux et approcha son visage. Enfin, il discerna le visage de l'étrange inconnue et fut plus que surprit. C'était l'exacte réplique de la fillette dont il avait rêvé la veille... à ceci prêt que celle qui se trouvait devant lui avait des cheveux noirs et non blond, et que ses yeux bleus plein de tendresse étaient ici aussi noir et mat que l'ébène, sans la moindre émotion. Plus il la regardait, plus Wynn se rendait compte à quel point en définitive, malgré leurs grandes ressemblances, elles étaient différentes. Il avait eu l'illusion de voir un ange, il avait devant lui un démon. L'étonnement passé, il s'approcha de nouveau.

«Qui es-tu?»

La fillette lui sourit, satisfaite de voir qu'il parlait.

«Je constate que la curiosité te délie vite la langue... Je m'appelle Jehra...»

Wynn ne releva pas l'ironie de la fillette, mais en personne particulièrement susceptible, il n'apprécia guère. Un long silence s'ensuivit, durant lequel les deux enfants se dévisagèrent longuement, jusqu'à ce que Jehra, un adorable sourire aux lèvres reprenne.

«Tu n'as pas l'intention de me donner ton nom, c'est ça?»
«Tu ne me l'avais pas demandé, alors je ne voyais pas l'intérêt de gaspiller ma salive à te le dire pour que tu me répliques ensuite que tu n'en avais rien à faire.»

Jehra en perdit son sourire et le regarda avec étonnement, qui laissa vite place à un éclat de rire cristallin de sa part.

«Ouh!! Je vois que tu sais montrer les dents! Intéressant... Et dans un sens tu n'as pas tort, savoir ton nom ne m'apportera pas grand chose, mais pour le principe... Comment t'appelles-tu?»

Wynn plissa les yeux. Il avait vu juste, la fillette ne semblait pas s'intéresser à grand chose et ne s'embarrassait pas de détails qui lui semblait totalement inutiles. Comme pour le mettre en confiance, elle rapprocha sa main de la sienne et posa sa paume froide sur les doigts de Wynn, le faisant frissonner. Après un autre instant de silence, il daigna enfin lui répondre.

«Wynn»
«Tu n'es pas très bavard, je me trompe?»
«Je n'aime pas parler pour ne rien dire, c'est différent.»


Son ton était plus sec qu'il ne l'aurait voulu, mais Jehra ricana à nouveau.

«Pas la peine de te montrer si agressif, mon joli... Je ne te veux aucun mal!! Du moins... Pas pour le moment...»

Wynn en déduisit donc que l'enfant pouvait se montrer plus violente qu'elle n'y paraissait et décida donc de se méfier. Son mutisme semblait beaucoup amuser Jehra qui n'avait pas l'intention de le laisser l'ignorer. Wynn avait beau être agacé par les répliques de la jeune fille, il ne pouvait s'empêcher de la trouver amusante, malgré tout.

«Tu me plais bien, joli garçon... Je suis le corbeau... Et toi, qu'es-tu?»

Wynn recula vivement. Qu'entendait-elle par corbeau?

«De quoi parles-tu? Et puis d'abord, où est-on?»

Jehra lui répondit par un sourire.

«Inutile de t'énerver, ça ne te rendra pas ta liberté. La bonne question serait plutôt que sommes-nous?»
«Je ne comprend pas...»
«Nous ne sommes plus des humains, Wynn.»


Wynn hoqueta de surprise, puis finit par s'énerver. Son bras était si maigre qu'il passa sans peine à travers le barreau. Sa main se resserra sur la gorge de Jehra, à deux doigts de l'étrangler. Wynn ne releva pas, mais il était persuadé que Jehra avait fait exprès de ne pas bouger, mais il était trop énervé pour s'en formaliser.

«Arrête avec tes énigmes et viens en au fait!! Qu'est ce que je fais là?»

Jehra ricana, nullement impressionnée.

«Sache tout d'abord que si tu veux survivre ici, il va falloir que tu arrêtes d'être si impulsif et voyant... Ensuite, tu es comme nous tous ici, tu as été choisis pour être le cobaye des expériences d'un cinglé, et si cela peut te rassurer, vu l'apparence humaine que tu as l'air de conserver, je t'annonce que tu fais partit de ceux qui n'ont pas été lamentablement ratés.»

Wynn lâcha la gorge de Jehra et recula un peu, secoué par l'annonce. Ainsi donc, il avait vu juste... Il avait bel et bien été utilisé pour servir de cobaye... Mais pour quoi? Jehra répondit à sa question informulée.

«Nous ne sommes plus humains tout simplement parce que nous sommes des chimères... Et je suis une chimère corbeau...»

Wynn digéra l'annonce avant de reprendre.

«Et moi... Je suis quoi?»
«Alors ça, je n'en ai pas la moindre idée, vois-tu.»


Jehra tourna la tête vers l'extérieur et sourit.

«Mais je crois que tu ne vas pas tarder à le savoir... Ils viennent te chercher.»

Tournant la tête dans la même direction, Wynn constata en effet que plusieurs personnes se pressaient autour de sa cellule, dont la lourde porte métallique ne tarda pas à s'ouvrir. Le même gros scientifique en blouse blanche qu'il avait vu récemment se tenait devant lui.

«Détachez ses fers et amenez-le dans mon bureau...»

Il s'approcha ensuite de Wynn.

«Je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire, mon garçon...»

Wynn lui jeta un regard haineux mais ne répondit rien. Il se leva et tourna la tête en direction de Jehra, qui lui souriait à travers ses barreaux. Dans un murmure, elle lui souhaita bonne chance... Du moins, c'est à cela que ça ressemblait.

"Bon courage, Wynn..."




CHAPITRE 3

Wynn suivit docilement les gardes, bien que l'envie de sauter à la gorge du gros scientifique soit forte. Mais la curiosité et la méfiance l'emportèrent. Il préférait savoir ce qu'on lui avait fait car après tout, il aurait tout à fait le temps de l'égorger plus tard. Il fut conduit à travers plusieurs couloirs tous similaires par leur blanc immaculé, si semblables que s'y retrouver devenait un véritable casse tête.
Wynn esquissa un sourire. L'idée d'avoir construit le bâtiment comme une sorte de labyrinthe faisait facile et quelque peu paranoïaque, mais était ingénieuse.
Le gros homme s'arrêta devant un mur qui semblait tout aussi identique aux autres, mais après avoir inséré une clé dans un pans dérobé du mur, il fit glisser ce mur qui s'avéra être en réalité une porte. Tout avait été construit pour empêcher les prisonniers de s'évader, même s'ils parvenaient à sortir de leur cellule. Wynn soupira imperceptiblement et entra à son tour dans ce qui semblait être un bureau, qui dénotait particulièrement du reste du bâtiment par ses couleurs boisées et rouges, croulant sous les vernis et dorures, et dont les meubles marquetés ajoutaient à l'esprit riche et pompeux de la pièce.
Le scientifique alla s'installer confortablement dans un moelleux fauteuil de cuir noir, et invita le jeune garçon à prendre place à son tour. Wynn s'exécuta, et l'un des gardes vint accrocher ses fers aux bras du siège, pour l'empêcher de s'enfuir. L'enfant défia le scientifique du regard pendant un long silence, jusqu'à ce que celui-ci sourit ironiquement et prenne un dossier sur le bureau qu'il se mit à feuilleter, à avant de prendre la parole, sans accorder le moindre regard à Wynn.


«Avant toute chose, est ce que tu as souvenir de la raison pour laquelle tu es ici?»

Wynn soupira et répondit du tac au tac.

«Etant donné ma situation et la façon dont vous me traitez, j'ose imaginer que je ne suis pas ici pour que vous me fassiez passer une thérapie. Venez-en au fait et qu'on en finisse.»

Son ton était froid, catégorique et particulièrement assuré, pour un enfant de son âge. Le scientifique éclata de rire devant la détermination de son prisonnier.

«Je vois que tu as une bonne répartie et une très bonne maitrise de la langue, pour ton jeune âge... Et j'en conclut également que tu n'as pas la moindre idée de la raison pour laquelle tu te trouves ici.»

Wynn resta silencieux, de plus en plus agacé. L'homme finit par se lever de son siège et se tourner vers la fenêtre.

«Si tu as de la rancoeur, ce n'est pas envers moi qu'il faut la manifester mais envers celui qui a fait de toi ce que tu es. Le professeur s'occupe de faire les expériences, moi je m'assure de leur évolution et de leur survie, avant tout.»
«Quand est ce que vous allez enfin vous décider à me dire ce qu'on m'a fait?»


Le scientifique se tourna face à Wynn et posa ses poings sur le bureau, en plantant son regard de chien battu dans les iris glacials du jeune garçon.

«Tu as tout simplement servit de cobaye à une expérience sur les chimères. Tu as été jumelé avec un animal, et en l'occurrence dans ton cas, il s'agit d'un loup blanc.»

Wynn baissa la tête pour cacher son sourire. Décidément, on ne lui épargnait rien... Il ne s'en doutait pas, mais il devait avouer que maintenant, ça paraissait évident, car il comprenait son insatiable appétit, à présent. Il releva la tête.

«Et vous allez faire quoi, maintenant? Faire de moi une bête de foire, peut-être?»

Le scientifique le regarda avec étonnement. Il ne s'attendait pas à ce que Wynn lui réponde avec autant de froideur et de désinvolture face à une telle nouvelle.

«Ahrem... Je vois que cette nouvelle ne t'inquiète absolument pas...»
«Et ça servirait à quoi, que je panique? Maintenant que c'est fait, m'énerver, trépigner ou hurler ne fera rien changer, donc je reste neutre. De toute façon, je m'en fiche totalement, je ne peux qu'en tirer des avantages...»


Le scientifique finit par se rassoir, de plus en plus intéressé par son petit phénomène.

«Bien... Puisque rien ne semble te faire peur, nous allons pouvoir passer à la suite... Pour commencer, qui je suis t'importe peut-être peu, mais puisque tu as liquider Tomas, c'est moi qui m'occuperais personnellement de toi, maintenant. Je me nomme Herman."

En effet, Wynn se fichait de savoir qui il était, c'était son petit cas personnel qui l'intéressait et rien d'autre.

«Bien. Dans le rapport que j'ai lu, nos chercheurs t'ont retrouvé errant en ville dans un quartier mal famé. Tu ne devais pas avoir eu de repas convenable depuis des semaines, car tu étais maigre à faire peur, et étais habillé de guenilles. J'en déduis donc que es loin d'appartenir à un milieu très favorisé.»

Wynn ricana en secouant la tête, mais le scientifique n'y fit même pas attention et continua.

«Seulement, ils t'ont découvert en train de dévorer le cadavre d'une petite fille d'environ sept ou huit ans. Je me trompe?»

Wynn lui brandit son sourire le plus insolent.

«Non, c'est tout à fait vrai. J'ajouterais seulement que mon régime alimentaire ne vous regarde pas, et que la fin justifie les moyens... Ce que j'ai fais n'est que la dure loi de la réalité. Je n'en tire ni honte, ni fierté.»

Herman regarda à nouveau Wynn avec étonnement. Il avait beau avoir l'apparence d'un enfant de 12 ans, il n'en avait certainement pas la manière de penser et semblait bien plus réaliste qu'il ne le laissait paraître.

«Je vois... Tu n'as aucun souvenir, à partir de cet épisode?»
«Absolument aucun, mais je pense être suffisamment intelligent pour deviner que vous vous êtes débrouillés pour m'enlever et trafiquer mon corps pour vos expériences. Pas la peine de me faire un dessin.»


Herman soupira devant la défensive sur laquelle était le jeune garçon.

«C'est tout ce que nous avons sur ton cas... Peux-tu m'en dire plus sur toi?»

Wynn éclata de rire.

«Vous tenez vraiment à savoir d'où je viens et ce qui a pu m'arriver?»
«Hum... Dans la mesure où tu t'en souviens, oui j'aimerais savoir.»
«Et bien... Vous n'allez pas être déçu. Je me souviens de tout. Je n'ai pas pour habitude d'étaler ma vie comme ça, mais on dirait que vous ne saisissez pas bien l'ampleur des dégâts alors je vais vous faire une fleur...»


Wynn se pencha un peu en avant, sa masse de cheveux dessinant une ombre menaçante sur son visage blafard.

«Je vous conter la merveilleuse histoire de ma pitoyable vie... Ca ne vaut pas forcément le détour... Mais après ça, vous pourrez choisir de me prendre en pitié ou de me voir définitivement comme un monstre. C'est à vous de voir...»

Herman commençait vraiment à avoir peur de Wynn, qui ne faisait rien pour se montrer avenant. Il prit un crayon et une feuille vierge, prêt à noter tout ce que lui dirait cet étrange enfant.

«Bien. Je t'écoute...»




CHAPITRE 4: Un funeste prélude.

Wynn laissa planer un long silence durant lequel Herman le regardait attentivement, son stylo en suspend au dessus de sa feuille, la main tremblante. Le garçon prit une grande inspiration et se lança, sur un ton morne et désintéressé, comme si ce qu'il allait dire n'avait pas plus d'importance que ça.

«Mon histoire va certainement vous sembler banale, après tout, je ne suis pas le premier à vivre l'enfer, mais la plupart du temps, les gamins de mon âge se suicident, ou finissent par mourir d'une quelconque façon... Et puis il y a ceux qui décident de se battre en héros et meurent bêtement assassinés parce qu'ils ont la langue trop pendue et une notion de la justice trop arbitraire... On n'entend jamais parler de ceux qui restent dans l'ombre et s'emmurent obstinément dans leur folie... Etrangement, ce sont eux qui vivent le plus longtemps... Parce qu'ils ont comprit que de nos jours, pour survivre, il faut se montrer aussi cruel et impitoyable que nos tortionnaire.»

Herman fronça les sourcils.

«Es-tu en train de me dire que tu es...»
«Fou? Hum... Peut-être pas à ce point mais pas loin... Pourquoi, vous avez cru que j'étais sain d'esprit? Inutile de vous voiler la face, je suis parfaitement conscient que je suis loin d'être stable!! Je vous dis ça en toute franchise, après vous en faites ce que vous voulez. Je peux continuer ou vous compter me regarder comme ça encore longtemps?»


En effet, le scientifique dévisageait Wynn avec un regard proche de l'effarement. Il déglutit et lui fit signe de continuer.

«C'est assez ironique pour quelqu'un de ma situation, de finir comme un pauvre orphelin dans la rue... Quand on sait que mon père et ma mère appartenaient tous deux à la haute noblesse. Pour tout dire, j'étais aussi gâté qu'un prince, à tel point que j'en méprisais profondément la pauvreté des moins fortuné que moi. Je ne peux pas vraiment vous dire si j'ai aimé ou non mes parents et mon jeune frère... À vrai dire, j'ai toujours été du genre autiste, à préférer la solitude... Je parlais peu et fuyais la compagnie. Je le fais encore aujourd'hui, d'ailleurs. Disons qu'avec mon caractère, je subissais plus ma famille qu'autre chose. Qu'ils soient là ou non n'y changerait rien, ça ne m'affectais pas outre mesure, du moment que j'avais quelque chose dans mon assiette et un lit où dormir. J'en suis même venu une fois à me demander quel effet cela pouvait faire de tuer ses propres géniteurs... Si cela m'affecterait ou non... Mais l'idée de me salir les mains ne me plaisait guère... D'autant que sans eux, je me retrouvais sans rien.
Revenons plutôt au fait, car j'ai l'impression que je vous effraie... Je me trompe...?»


En réalité, Wynn s'amusait comme un enfant à apeurer le scientifique. Celui-ci avait arrêté d'écrire quand le jeune garçon avait commencer à parler de ses parents, et le regardait à présent avec un effarement proche de l'hystérie.
Wynn avait décidé d'être le plus franc possible, aussi décida-t-il de ne lui épargner aucun détail... Aussi futile ou violent soit-il. Voyant qu'Herman ne répondait pas, il reprit.


«Ma mère était pour ainsi dire mon opposé. D'un naturel très doux et protecteur, elle sacrifiait tout son temps pour mon frère, puisque je préférais la solitude. Elle était assez bavarde et avait du mal à comprendre mon manque de communication, ce qui m'agaçait plus que je ne l'aurais voulu. C'était une femme magnifique, la fierté de son époux... Mon père à qui justement je ressemble davantage. C'était un homme assez taciturne et peu démonstratif de son affection, mais on pouvait lire sur son visage à quel point il aimait sa famille... C'est avec moi qu'il était le plus sévère, car il prenait très à coeur mon éducation en tant que «futur chef de la famille». Mais toutes les futilités qu'il avait à m'apprendre ne m'intéressait pas. Je me contentais d'obéir pour qu'il me laisse tranquille. La seule qui me permettait de m'évader était l'apprentissage du violoncelle, que ma mère suivait de très près. Je me suis vite révélé comme étant une sorte d'enfant prodige de la musique... C'était la seule chose que je prenais à coeur, à vrai dire. Mais toute cette partie de ma vie n'a pas la moindre importance... Elle n'est que le prélude d'un abominable Requiem...»

La plume d'Herman volait frénétiquement au dessus du papier en gestes vif et saccadés, comme s'il craignait de perdre une seule donnée du récit de Wynn, qui ne faisait rien pour ralentir la cadence.

«Je venais d'avoir 10 ans quand tout a commencé... Les premières notes d'un funeste Dies Irae ont commencées à se faire entendre... Avouez que 10 ans, c'est un peu jeune pour voir l'horreur... Mais il faut croire que le destin ne choisit l'âge de ceux qu'il afflige. Peu après mon dixième anniversaire, donc, mon père est tombé gravement malade. Il fut examiné par plusieurs médecins, et à aucun moment ils ne parvinrent à se mettre d'accord sur un pronostique. Pour moi c'était clair, il avait été empoisonné. Ce n'était pas très difficile à comprendre, même pour un enfant de mon âge. Voir mon père au bord de la mort ne m'affectait pas outre mesure, mais j'avoue avoir ressentit un léger pincement au coeur en comprenant que rien ne pourrait le sauver. Pourtant, allez savoir pourquoi, au bout d'un mois et demi de souffrance, il commença à aller mieux. Je me souviens m'en être réjouit... Pas très longtemps. Car en revenant à lui, mon père avait été très profondément affecté par le poison, et son esprit avait subit un sacré choc. Il aurait eu mieux fait de mourir, ce jour là... car ce n'est pas mon père qui se réveilla, mais un monstre. Un monstre de cruauté qui allait décimer tout ce que mon père chérissait le plus au monde. Appelez ça dédoublement de personnalité si vous voulez, pour moi ça n'était plus la même personne. Ma mère a fermement cru que c'était le choc et qu'il finirait par s'en remettre... La naïve... Le monstre n'a pas tardé à comprendre qu'elle était incroyablement malléable... Et ça n'a pas maqué. Il a commencé par tout le personnel du château. Un à un, ils ont disparut et n'ont pas été remplacés, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que ma mère, mon frère, moi... Et le monstre.»

A mesure qu'il parlait, Wynn revoyait chaque image comme un film dans son cerveau. Chaque données étaient profondément ancrée dans son crane, à tel point que sa vue se brouillait tant ces images lui paraissaient réelles.

«Je savais qu'il finirait par s'en prendre à nous... Ça le démangeait depuis le début... Et personne n'a rien fait pour l'en empêcher. Il a finit par nous enfermer tous les trois dans les geôles du sous sol. Imaginez un peu... Il y avait là des dizaines de corps en putréfaction dont les visages étaient figés à jamais dans une expression d'horreur et de souffrance indicibles, les dalles de pierre imbibées de sang poisseux, une odeur vous prenant la gorge à tel point qu'il fallait se mordre les doigts pour ne pas vomir... Et un spectacle abominable, à vous glacer le sang dans les veines. C'est là que j'ai passé deux mois de ma vie. Nous avons chacun été enfermé dans un cellule, enchainés aux murs... Et notre calvaire a commencé.»


Dernière édition par Wynn Leichenhalle le Sam 9 Jan - 1:22, édité 1 fois
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